Déjà? Un autre rendez-vous chez le médecin? À 1, 3, 6, 9, 12, 18 et 24 mois : on les rencontre souvent, les médecins ou pédiatres de nos enfants! Et quand un nouvel enfant arrive dans la famille tous les 2 ans, on prend un abonnement!
Je suis curieuse de voir, au prochain rendez-vous, sur quelle courbe de croissance notre médecin inscrira la taille et le poids des enfants. Je présume qu’elle continuera sur les courbes utilisées depuis la naissance de Laura et de Benjamin. Mais pour le prochain bébé, y aura-t-il une transition?
La question se pose, puisque de nouvelles courbes de croissance ont été élaborées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Enfin, aussi nouvelles que des outils créés en 2006 peuvent être « nouveaux » en 2010! La nouveauté, c’est que 4 regroupements de spécialistes au pays – les Diététistes du Canada, la Société canadienne de pédiatrie, le Collège des médecins de famille du Canada et les Infirmières et infirmiers en santé communautaire du Canada – en ont finalement recommandé l’usage la semaine dernière.
Il y a plusieurs différences entre les nouvelles courbes de croissance de l’OMS et les plus anciennes, élaborées par les Centers for disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis. Les courbes des CDC sont basées sur l’étude, échelonnée sur plusieurs années, du poids et de la taille de milliers d’enfants. Des moyennes en sont tirées et présentées sous forme de graphique. Le poids et la taille de votre enfant sont ainsi simplement comparés à ceux d’autres enfants du même âge et du même sexe. On dit ces courbes de croissance « descriptives ». Or, dans un contexte où les problèmes de poids augmentent sans cesse, les courbes qui décrivent la situation sont loin de présenter une référence idéale…
Les normes de croissance de l’OMS indiquent plutôt comment les enfants devraient grandir. Elles « prescrivent » le rythme de croissance attendu des enfants grandissant dans des conditions optimales. Elles sont notamment un meilleur outil pour détecter les enfants à risque d’obésité.
Mais attention! Un seul point sur une courbe ne permet pas de dire qu’un enfant a un problème de poids (insuffisance ou surplus). Plusieurs mesures au fil du temps sont nécessaires avant de pouvoir faire une quelconque interprétation. C’est de cette façon qu’on peut, par exemple, observer que le poids et la taille de notre enfant demeurent sensiblement toujours dans les mêmes percentiles ou, qu’au contraire, ils chutent ou s’élèvent abruptement. Pour une interprétation juste, mieux vaut demander l’avis d’un médecin ou d’un nutritionniste.
Au cours de leur vie, la majorité des enfants passent par une période d’embonpoint transitoire. Il ne faut pas s’énerver trop vite avec les petites rondeurs. Il est fréquent de voir un bébé dont le poids augmente proportionnellement plus que la taille durant ses 2 premières années de vie environ. Ce sont les années des belles joues et des bedons ronds! Généralement, son corps s’amincit progressivement jusqu’à l’âge de 4 ans à 6 ans, puis il se met éventuellement à accumuler de nouvelles réserves adipeuses (de graisses). C’est comme de l’énergie en banque pour la poussée de croissance qui l’attend à l’adolescence! On appelle ce phénomène « rebond d’adiposité », et les courbes de croissance en tiennent compte. Il ne faut donc pas créer de préoccupations injustifiées sur le poids et encore moins imposer un régime.
Si le poids de vos enfants vous préoccupe, parlez-en à un nutritionniste. Et de grâce, parlez-en avant de transmettre cette préoccupation à vos enfants.