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Dre Taz

Blogue de la Dre Tasnime Akbaraly
Je sais combien la santé est un sujet qui nous préoccupe tous... Inspirés par ma pratique d'omnipraticienne, mes textes sont d'abord ceux d'un parent comme vous!
Dre Taz
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    La mort dans la vie des enfants

    Tout d'abord, avec un peu de retard, je voudrais vous souhaiter une année 2012 en santé!

    J'ai été durement éprouvée récemment par le décès d'un proche, et je me relève avec mal. Le destin frappe parfois cruellement nos vies et nous apprenons tant bien que mal à affronter les deuils. Mais être parent, c'est aussi faire fi de ses émotions pour préserver nos enfants de la souffrance. Comment le faire? Cacher nos émotions? Tout leur expliquer?  Voici les conseils recueillis auprès de références en la matière.

    Même s'il ne comprend pas, l'enfant ressent tout.

    Il est vain de croire que nous pouvons dissimuler quoique ce soit à des enfants. Sans compter qu'ils sont narcissiques et croient que le monde tourne autour d'eux. Votre enfant pourrait donc croire qu'il est la cause d'évènements obscurs en cours et de la peine que vous démontrez. Rassurez-le en clarifiant la situation: « Maman est triste, mais ce n'est pas à cause de toi. »

    Expliquer les faits de façon simple et adaptée à son âge. 

    Les enfants ont une forme de pensée très concrète : le Père Noêl descend VRAIMENT par la cheminée! Il peut s'avérer confondant d'utiliser des analogies. Soyez clair: « Grand-mère était malade et son corps a arrêté de fonctionner. » Vous pouvez y aller de vos convictions spirituelles (le paradis, la réincarnation) mais attendez vous à des questions supplémentaires: « Elle est où dans le ciel? », « Pourquoi on ne la voit pas? »... etc. Cela dit, vous pouvez répondre « Je ne sais pas ».

    Certains enfants vont demander si ça peut leur arriver. Allez-y d'une réponse honnête, mais prudente: « Ça arrive à tout le monde un jour. C'est pour ça qu'on va chez le docteur, pour vérifier si notre corps est en santé, »

    L'enfant exprime sa détresse par de la colère.

    Il ne comprend pas son mal être et va probablement l'exprimer par un comportement oppositionnel (« Non! »), de l'agressivité (tapes sur le toutou ou sur la petite soeur), voire de la régression (recommencer à faire pipi au lit ou sucer son pouce). Soyez indulgent. Passez plus de temps avec votre enfant et validez ses sentiments: « Je sais que cela est difficile pour toi et c'est pour ça que tu es triste et fâché. »

    Proposez à votre enfant de poser des gestes tangibles afin de canaliser sa tristesse en quelque chose de constructif. Par exemple, faire des dessins pour consoler les membres de la famille ou vous aidez à ramasser des sous pour des fondations contre certaines maladies.

    N'associez jamais la mort au sommeil.

    Ne dites jamais d'un défunt « qu'il dort ». Encore une fois, les enfants prennent les explications au pied la lettre. Cela pourrait sérieusement perturber leur sommeil, occasionner des troubles de l'endormissement et des phobies.

    La routine est rassurante.

    Dès que les évènements aigus sont passés, reprenez le rituel du dodo, la garderie, les heures de repas, les devoirs, comme avant. C'est une forme de sécurité pour l'enfant et il faut montrer que la vie continue.

    Faites-vous aider

    Plusieurs bons livres expliquent la mort aux enfants. Demandez à l'éducateur qu'il accorde plus d'attention à votre petit. Mobilisez les proches pour venir le prendre quelques heures afin que vous puissiez vous ressourcer. Et si votre enfant présente une anxiété ou une colère qui nuit à son focntionnement quotidien, consultez un professionnel.

    La vie n'est pas un long fleuve tranquille et les épreuves sont inhérentes au quotidien. Même si nous voudrions éviter toute forme de souffrance à nos enfants, c'est impossible. Il nous reste donc à développer leur capacité d'adaptation sans toutefois crever la bulle de l'enfance! Pas une mince affaire!

    Et vous, avez-vous déjà confronté un deuil avec votre enfant?

     

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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    Pour un dodo sécuritaire

    La science a ses raisons que mon coeur de maman ne comprend pas toujours. Comme lorsque je lis les dernières recommandations de l'American Academy of Pediatrics (AAP) concernant le sommeil pour prévenir le syndrome de la mort subite du nourrisson. Le médecin que je suis ne peut qu’être d’accord, mais la maman trouve certains conseils difficiles à appliquer dans la vie de tous les jours.

    Ces recommandations, qui concernent les enfants âgés de 0 à 1 an, ont été rédigées par la Dre Moon, une sommité en matière de mort subite du nourrisson. Selon elle, il y aurait 1 victime par mois dans la région de Washington! Voici ses recommandations :

    • Dodo sur le dos
      C’est ce qu’on préconise depuis plusieurs années déjà même si, pendant longtemps, on a conseillé le contraire (d'ailleurs, si vous êtes comme moi, dans la trentenaire avancée, vous avez dormi sur le ventre). Plusieurs parents affirment que bébé dort mieux sur le côté. Mais les études sont unanimes : dormir sur le dos protège de la mort subite du nourrisson.
    • Allaiter
      Pour moi, l'allaitement, ça allait de soi même si, à 4 mois, j'allaite encore tous les 3 h, jour et nuit. Plus que 2 mois et ça ira mieux. Je suis cernée jusqu'aux coudes, je dors debout, j'ai du mal à aligner 3 mots, mais je tiens bon. Les circonstances sont gagnantes : Fiston senior conciliant, Papa compréhensif et grands-parents impliqués (même le dimanche à 6 h du matin...).
    • Être vacciné
      La vaccination aurait un effet protecteur de 50 % contre le syndrome de la mort subite. Le carnet de vaccination de Fiston junior est à jour.
    • Avoir un lit sans artifice
      La Martha Stewart en moi a dû mettre de côté les bordures, l’oreiller et l'édredon agencés du lit de Fiston. Pas de drap non plus et pas de toutous!  Et ne rien mettre entre le matelas et le drap-housse pour rendre le lit plus confortable.
    • Dormir dans la même chambre que les parents, mais pas dans le même lit, pendant 1 an
      Cela peut sembler excessif! C’est l’une des recommandations que je trouve le plus difficile à appliquer. D'abord, l'intimité des parents déjà fragilisée par l'arrivée d'un nouveau-né s'en trouve doublement atteinte. Et puis, si comme moi on allaite inlassablement, on passe la nuit à faire des va-et-vient entre le berceau et le lit! Ce qui nuit aussi au sommeil du père.
    • Utiliser une suce aussi souvent que possible
      La tétine permet un positionnement de la langue favorable aux voies aériennes, donc un moins grand risque d'obstruction. Et dire que j'ai toujours évité à tout prix la suce chez mes Fistons! Pour qu'ils se mettent à hurler dès qu'elle tombe à 3 h am? Au moins, le pouce est accessible et auto-ajustable. Est-ce que la succion d'un doigt n'aurait pas le même effet? Je n'ai rien trouvé à ce sujet.
    • Dodo seulement au lit
      Pas plus que 60 à 90 minutes dans le siège-auto, dans la balançoire ou dans la poussette. Rien à part une surface plane et dure. Déjà que Fiston junior ne dort jamais, j'avais pris l'habitude de l'endormir en promenade en auto ou en poussette... Il va falloir que je change mes habitudes.

    Actuellement, pour moi, chaque précieuse seconde de sommeil a autant de valeur qu'un diamant 24 carats, et il m'arrive de laisser dormir Fiston junior à côté de moi, entre les oreillers, sous notre couette familiale, avec son doudou. J'adore m'endormir en sentant le doux souffle de ses ronflements. Difficile aussi de faire du co-dodo ET d’être fidèle à toutes les recommandations à cet égard... (Je vous invite d’ailleurs à consulter les conseils de Naitretgrandir sur le co-dodo .)

    Oui, la maman que je suis trouve certaines mesures excessives, mais comme tous les parents, il y a des risques que je ne souhaite pas prendre. Et la médecin en congé de maternité penche vers la science avec une conviction inébranlable.

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Une radiographie: quand est-ce nécessaire?

    Votre enfant a-t-il déjà passé une radiographie? Ou peut-être même un « scan » (le trou de beigne dans lequel on s'allonge et qui permet d'avoir des images en 3 dimensions)? On est d'ailleurs souvent obligé de le recommencer parce que Fiston a bougé ou Gamine a pleuré...

    Ces extraordinaires technologies modernes permettent de poser un diagnostic et entamer un traitement rapidement. Dans certains cas, elles sauvent des vies.

    Aux États-Unis, chaque année, 7 millions de « scans » sont effectués sur des enfants. En Amérique du Nord, en moyenne, un enfant aura subi 7 procédures radiologiques avant l'âge de 18 ans. Et 40 % des enfants auront au moins eu une radiographie ou un « scan » avant l'âge de la majorité.

    Mais sont-elles toujours nécessaires? Si votre médecin soupçonne une pneumonie, a-t-il toujours besoin de faire une radiographie pour la confirmer? Si votre enfant est tombé sur la tête, faut-il systématiquement faire un « scan » cérébral? (Je réponds d'ailleurs à cette question dans mon blogue Et si le ciel vous tombait sur la tête?)

    Les questions à poser au médecin

    Parents et médecins doivent discuter et se poser les questions suivantes lorsque vient le temps de faire un test d'imagerie :

    • L'examen physique du médecin n'est-il pas suffisant?
    • Est-ce que ce test est vraiment approprié pour l'état de votre enfant? Peut-on avoir la réponse à nos doutes autrement? Un test en imagerie nucléaire ou une échographie (qui n'émettent pas de radiations nocives) ne ferait-il pas l'affaire?
    • À combien de tests radiologiques l'enfant a-t-il été exposé jusqu'à présent? 
    • Peut-on se limiter à une partie du corps précise? À une dose réduite?

    L'exposition aux radiations

    Pourquoi se poser ces questions? À cause des radiations.

    Il est vrai que la part d'exposition médicale aux radiations est relativement faible. L'exposition naturelle cosmique compte pour 3 à 3,5 mSv annuellement (mSv est l'abréviation de « millième de sievert » et sert à mesurer l'exposition à la radioactivité ainsi que ses effets nocifs sur le corps).  En comparaison, la radiographie dentaire délivre 0,0005 mSv; et la radio pulmonaire, 0,01 mSv. Le « scan » abdominal projette de 1 à 30 mSv. 

    Le seuil exact à partir duquel les radiations sont dangereuses n'a pas été clairement défini. Des études parues dans le New England Journal of Medicine déterminent qu'il y a un risque accru de cancer à partir de 150 mSv. Elles estiment que 2 % des cancers chez nos voisins du Sud sont attribuables aux radiations.

    Les enfants, particulièrement vulnérables

    C'est surtout l'effet cumulatif que l'on craint. Plus on est irradié, plus le risque est grand. De plus, la radiation est  « irréversible ». Or, la peau et les organes des enfants sont en pleine croissance et donc particulièrement vulnérables aux mutations cancéreuses et aux maladies systémiques de toutes sortes. Par ailleurs, les différentes procédures radiologiques ne sont pas adaptées à la taille des enfants, qui reçoivent la même quantité de radiations qu'un adulte pour une masse musculaire bien moindre. Finalement, un enfant a de longues années de vie devant lui... suffisamment pour éventuellement développer d'un cancer qui n'aurait pas eu le temps d'apparaître chez un adulte. 

    Comme toute chose en médecine (et dans la vie!), il faut peser les pour et les contre, et si l'imagerie médicale est sans conteste un atout incontournable, il faut toutefois l'utiliser à bon escient!

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Je ne veux pas aller chez le docteur!

    Pour être franche, qui aime se faire examiner par tous les trous sans trop savoir pourquoi? Il n'y a que les adultes pour s'infliger ça, et encore... Vous n'avez jamais procrastiné votre test gynécologique? Et votre visite chez le dentiste?

    J'ai moi-même des enfants et n'espère qu'une chose : pas de drame! Voici ce que j'attends de mes collègues qui examinent Fistons Senior et  Junior (bref, ce que votre médecin expérimenté devrait faire ou ce que vous devriez gentiment suggérer de faire si ce n'est pas le cas) :

    • Procéder lentement. Les enfants réagissent défavorablement à l'empressement.
    • Examiner dans un ordre intelligent : au début, quand l'enfant n'a pas saisi ce qui se passe et qu'il est silencieux, on ausculte. On finit par les oreilles. Ça le fera pleurer : parfait pour entrevoir les amygdales! À la fin, pendant qu'on collige les infos dans le dossier, le parent déshabille complètement l'enfant pour la pesée. Ensuite, le parent peut rhabiller son rejeton, tous les deux seuls, loin du docteur qui complète la courbe de croissance (ce qui prend un temps infini : une courbe de croissance est une toile d'araignée symétrique, qu'il faut déchiffrer, sans mélanger celle pour les garçons et celle pour les filles, et convertir les livres en kilogrammes et les pouces en centimètres!)
    • Si le médecin a vraiment le temps, il joue à examiner Parent ou Toutou devant l'enfant, pour prouver que le stéthoscope est inoffensif.
    Mais certains bambins sont plus anxieux que d'autres et le médecin que je suis ne peut tout contrôler. Voici votre rôle, en tant que parent : 
    • Vous n'avez pas besoin de mentionner que votre enfant n'aime pas les visites médicales. L'enfant va comprendre votre avertissement et ça ne fera que renforcer sa peur.
    • Reflétez une attitude calme et souriez. Commentez ce que le médecin s'apprête à faire : « On va regarder dans tes oreilles. »
    • Ne vous excusez pas auprès de votre enfant (« Scuse, bébé »)! Personne ne commet d'erreur et l'examen physique est un mal nécessaire.
    • N'agitez pas frénétiquement des jouets à sa figure. Distrayez votre enfant avec son doudou préféré, mais gardez un ton de voix égal.
    • Ne prononcez pas le mot « mal ». Ne dites pas « ça ne fera pas mal ». Votre enfant ne retiendra que le mot MAL, MAL, MAL.
    • Vous sentez l'émotion vous envahir? Transformez votre stress en quelque chose d'utile et demandez-moi comment aider.
    Malheureusement, des enfants restent éternellement craintifs. Voici quelques trucs que vous pouvez essayer de votre côté :
    • Jouez avec votre enfant à simuler une visite chez le médecin à l'aide de ses figurines ou de ses toutous.
    • Lisez des livres comme Winnie l'Ourson chez le docteur ou une histoire du genre.
    • Incluez la clinique dans votre promenade à poussette de temps à autre afin que l'enfant identifie l'endroit (vous pouvez en profiter pour m'apporter des muffins maison...).
    Je vous invite aussi à lire mon blogue Les 7 commandements de la visite chez le docteur.

    Et puis, il est possible que tout ça ne marche pas. Certains parents ont dû reprendre rendez-vous parce que leur enfant était tout simplement « non examinable » ce jour-là. On y arrivera la prochaine fois. 

    Et vous, quels sont vos trucs pour une visite médicale réussie?
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    Tasnime Akbaraly
     
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    Antibiotiques: votre enfant en a-t-il vraiment besoin?

    Voici un petit quiz : lequel de ces patients a besoin d'un antibiotique?

    • Alice, 4 ans, qui tousse « creux »  depuis 3 jours.
    • Alexandre, 5 ans, qui a des sécrétions vertes coulant de son nez depuis 5 jours.
    • Francis, 3 ans, qui a reçu un diagnostic d'otite.
    • Lison, 2 ans, qui a mal à la gorge et qui fait de la fièvre.

    Il serait tellement facile de remettre une prescription d'antibiotiques à tous les parents de mes patients! Ça prend 2 minutes. Ma salle d'attente se viderait rapidement; je serais à la maison avant 17 h;  je pourrais superviser les devoirs et cuisiner autre chose que du surgelé!

    Mais je résiste vaillamment et j'explique à ces parents inquiets ce qui suit (ça prend plus que 2 minutes) : 
    Je suis moi-même maman et j'aimerais TELLEMENT que les antibiotiques soient le médicament miraculeux! Malheureusement, ils ont un champ d'action limité. Et si on expose un germe à un antibiotique auquel il n'est pas sensible, non seulement il continue son activité dévastatrice, mais en plus, il acquiert une mémoire et mute pour se renforcer davantage.

    C'est ce qu'on appelle le phénomène de résistance. Si on se fie aux données scientifiques, l'utilisation d'antibiotiques devrait être une exception. Dans 75 % des cas, la prescription n'est pas nécessaire. C'est une mauvaise habitude!

    Pourquoi?
    Parce que certains médecins (et ça m'inclut) sont pressés. Tant qu'à retirer de la cire d'oreille pour deviner le tympan; se battre avec un enfant en crise pour apercevoir ses amygdales; écouter les poumons malgré les pleurs; confronter le regard larmoyant de parents anxieux, autant tendre un bout de papier. Que de temps et d'énergie gagnés!  

    En attendant, les germes deviennent de plus en plus malins, mémorisent, s'adaptent. On assiste à une inquiétante vengeance des bactéries résistantes : le clostridium difficile dans les hôpitaux; un type de gonorrhée qui ne répond plus à aucun médicament et le fameux SARM qui nous a obligés à changer la façon de soigner les plaies...

    C'est notre faute à tous. On utilise les antibiotiques avec un manque de discernement flagrant : pour nos enfants, pour nous-mêmes, pour les poulets de fermes industrielles, pour un trop grand nombre de problèmes!
    Alors? Dans le petit quiz, qui a besoin d'un antibiotique? PERSONNE!

    Bien sûr, tous ces enfants peuvent en avoir éventuellement besoin, si les symptômes s'aggravent ou persistent. Mais a priori, si on les expose à des antibiotiques, non seulement ils ne changeront pas l'issue de la maladie, mais en plus, on risque des effets secondaires (diarrhée, allergies, etc) et une bactérie super-résistante. Ces patients ont surtout besoin de s'hydrater, d'acétaminophènes, de repos, de médecins qui font leur travail et de parents qui taisent leur anxiété et suivent quelques conseils simples :
    • La prévention : se laver les mains, tenir les vaccins à jour, allaiter et ne pas fumer.
    • Demander au médecin pourquoi il prescrit un antibiotique à notre enfant. Croit-il vraiment qu'il y a une infection bactérienne? Lui a-t-on donné la fausse impression que c'est ce que nous voulions?
    • Si vous devez administrer un antibiotique, suivez scrupuleusement les doses et la durée. 

    Allons allons, pour l'instant, les bactéries super-résistantes ont gagné quelques combats, mais pas la guerre! Quelles sont vos armes secrètes?

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Microbes: levez le coude!

    C'est l'automne, la rentrée, le froid. C'est la saison des rhumes et des gastroentérites. Si les vacances sont terminées pour les enfants, elles le sont aussi pour les parents et les docteurs, croyez-moi!

    Le meilleur moyen de prolonger ses vacances (relativement,du moins) est d'éviter qu'on se refile nos microbes à qui mieux mieux. À ce sujet, une étude néo-zélandaise a voulu observer l'hygiène de Monsieur et Madame-Tout-Le-Monde. Ils ont épié 384 sujets dans des endroits publics tels que les stations de métro et les centres commerciaux. Résultats :

    • Lorsqu'ils toussent ou éternuent, 65 % d'entre eux couvrent leur bouche et leur nez avec leurs mains (les mêmes mains qui tiennent les rampes d'escalier ou la porte du magasin);
    • 27 % éternuent et toussent  (allègrement) autour d'eux, sans restriction;
    • 3 % utilisent des mouchoirs; 
    • et seulement 1 % d'entre eux se camouflent dans leurs coudes (le comportement recommandé).

    Et ici, on parle de personnes en situation publique (je n'ose même pas imaginer en privé!) qui, théoriquement,connaissent les règles de bienséance et les risques d'une mauvaise hygiène.

    Une autre étude, faite auprès de 290 enfants danois, nous prouve qu'il est pourtant facile d'éloigner les germes de notre organisme si fragile. Ces enfants ont été « formés » pendant 3 mois à se laver les mains efficacement et régulièrement. Comparés à des enfants du même âge qui n'avaient pas reçu cet enseignement, ils ont été atteints de 25 % moins de maladies et ont été absents moins souvent de l'école.

    Mais encore mieux, l'année qui a suivi, malgré le fait que les enfants n'aient plus été sous contrôle, ils ont persisté à se laver les mains et ont continué à présenter des taux très bas de maladies virales. Ces enfants nous donnent une bonne leçon : éviter la propagation des germes est une habitude qui s'acquiert et pour longtemps. Et ça marche!

    En plus d'aider à prévenir la maladie, le fait de se laver les mains réduit le risque d'infecter d'autres personnes. Pour connaître la bonne façon de se laver les mains, et l'apprendre à vos enfants, lisez mon blogue L'arme ultime contre le H1N1.

    Il y a aussi d'autres règles de base :

    • Lorsque vos enfants ou vous êtes en période de « distribution de microbes », restez à domicile autant que possible.
    • Éternuez et toussez dans votre coude.
    • Si vous vous mouchez dans des mouchoirs de papier, ne les laissez pas traîner et jetez-les aux poubelles le plus rapidement possible.
    • Nettoyez les endroits vulnérables de votre environnement (clavier d'ordi, téléphones, etc.). Pour une liste plus complète, voyez mon blogue Lavez, lavez, savez-vous savonner?).

    Bref, malgré votre générosité exemplaire, gardez vos microbes pour vous! L'automne, c'est le temps d'aller aux pommes, de ramasser les feuilles, de préparer son costume d'Halloween, etc. Pas celui d'être malade!

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Je déprime donc je ris!

    Je suis épuisée. Mon cerveau est désintégré. Je ne me rappelle plus quand j'ai mangé un repas chaud pour la dernière fois. Je pense même que je pue.

    Vous l'avez deviné : je suis en post-partum. Je l'avoue : j'ai eu des doutes. Mais ça arriverait à tout le monde, non? Surtout quand il est 3 h du matin, que la couche a débordé sur les draps, que bébé hurle de colique et que mon sein droit est engorgé, que mon fils de 6 ans est réveillé et qu'il a son camp de jour à 7 h 30. 

    Qu'est-ce qui m'a pris de vouloir être maman?

    Exceptionnellement, je n'écrirai pas de chronique un tant soit peu médicale. J'ai glané quelques vérités, ici et là, sur la Toile, pour retrouver le sourire et mieux survivre à ma maternité. 

    • La couleur blanche est à proscrire. À tout prix. Partout. Les murs. Les serviettes de bain. Les tapis. Et, surtout, les vêtements.
    • Cuisiner guérit tout. Aucune douleur ne résiste à un mélange de sucre, de farine et de chocolat.
    • Un jour, votre enfant vous criera qu'il vous hait. Même si vous savez que c'est faux, votre coeur se brisera en mille morceaux. Mais vous saurez aussi que vous faites bien votre travail, car vous n'êtes pas l'ami de votre enfant, mais bien son parent, et c'est mieux comme ça. D'ailleurs, vous vous haïrez vous-même parfois.
    • Quand votre enfant est insupportable et qu'il vous donne tout sauf l'envie de lui donner de l'affection, c'est probablement à ce moment là qu'il en a le plus besoin.
    • Entourez-vous de fleurs.
    • Ne critiquez jamais les enfants des autres et, par le fait même, l'éducation des autres parents. Vous ne savez pas comment évolueront vos enfants et ce que vous aurez à faire pour être obéi.
    • N'attendez pas que la maison soit parfaitement propre avant d'inviter des amis. Ne vous empêchez pas de sortir sous prétexte que vous voulez faire du ménage. Vous avez des enfants : partez du principe que votre maison ne sera jamais propre ni rangée. Sinon, vous vous condamnez à de longues années de solitude.
    • Vous n'avez ou n'aurez jamais assez de stylos. Tous ceux que vous déposerez à côté du téléphone disparaîtront et ne seront jamais là quand vous en aurez besoin. C'est comme ça!
    • Le rire est définitivement thérapeutique.
    • Avez-vous souri aujourd'hui? Sinon, faites le maintenant SVP.

    En attendant, je retourne à une couche, un rot, une tétée, une colique; et pas nécessairement dans cet ordre. 

    Et vous, comment faites-vous pour survivre à la maternité? Avez-vous quelque chose à partager pour nous faire rire?

    Publié par
    Tasnime Akbaraly
     
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    Et si le ciel vous tombait sur la tête?

    Petit quiz :

    • Votre enfant apprend-il à marcher? À descendre les escaliers? À pédaler à bicyclette?
    • Pratique-t-il un sport collectif? (baseball, soccer, hockey, etc.)
    • Fréquente-t-il une pataugeoire? Un parc? Un trampoline?
    • Se prend-il pour Dora l'exploratrice, Spider-Man, ou un autre surhumain invincible?

    Si vous avez répondu NON à toutes ces questions, vous avez de la chance. Fermez cet ordinateur et profitez de l'été.

    Si vous avez répondu OUI à une seule de ces questions, vous conviendrez avec moi que la vie est un jeu dangereux.

    Les chutes ou blessures qui touchent la tête sont ma hantise. Pas celles qui font « boooing » et pour lesquelles Fiston vous supplie de le laisser retourner jouer dès que vous aurez fini de l'examiner. Pas celles non plus où il saigne ou semble perdre conscience, car vous savez que vous allez à l'hôpital.

    Mais pour toutes ces situations entre les 2... Cela vaut-il la peine d'attendre 3 ou 4 h à l'urgence, voire plus? Devrait-on le faire à la moindre chute douteuse? Risque-t-on de le regretter si on ne le fait pas?

    Si vous restez à la maison, votre enfant doit cesser l'activité qu'il faisait et opter pour du calme, quelques heures (la télé est une bonne option). Question de pouvoir bien l'observer.

    Votre enfant pourrait avoir mal à la tête et vomir. Inutile de paniquer. Après toutes ces aventures, on peut avoir ces symptômes sans que la situation soit critique. Si son état général reste rassurant et que vous vous sentez en confiance, tentez de l'acétaminophène. S'il y a un 2e vomissement ou que le mal de tête persiste, allez à l'urgence. Par contre, aucune hésitation s'il souffre de problèmes de vision, d'élocution ou d'équilibre.

    Pouvez-vous le laisser dormir? Que faire si c'est le temps de la sieste ou du dodo? La blessure peut l'avoir épuisé. Laissez-le dormir, mais réveillez-le toutes les 2 heures, brièvement. S'il dort plus longtemps que d'habitude, ou qu'il est difficile de le réveiller, allez à l'hôpital.

    Après 24 h vous pouvez respirer.

    Mais vous auriez pu respirer plus tôt me direz-vous, comme les parents de ces 650 000 enfants nord-américains qui, annuellement, font une chute avec perte de conscience, amnésie, désorientation ou vomissements, et qui se rendent à l'urgence. Pourquoi ne pas procéder systématiquement à un scanner à chaque chute impliquant la tête? On le fait presque, puisque son utilisation dans nos urgences est passée de 15 % en 1995, à 53 % en 2005...

    Les urgentologues sont formels : c'est souvent sous la pression des parents. Pourtant, un scanner normal n'est pas garant que l'enfant ne subira pas éventuellement un saignement cérébral ou ne présentera pas de symptômes de commotion cérébrale. 

    Sans compter qu'une étude pancanadienne expose des données de plus en plus alarmantes sur les effets radio-ionisants cancérigènes du scanner sur le cerveau particulièrement vulnérable des enfants.

    Les vraies commotions cérébrales ou les saignements internes sont rares dans les traumas mineurs. La gent médicale préconise donc une période d'observation (sans scanner) : une étude du Pediatrics de juin 2011, effectuée sur 40 000 enfants, révèle qu'on ne compromet pas l'état du patient, tout en réduisant son exposition aux radiations.

    Tout cela est rassurant. Pas de pression sur l'urgentologue qui préfère observer votre enfant (même si c'est dans un couloir, à 40 °C, à côté d'un vieil alcoolique qui hurle). On fait confiance au médecin de famille ou à Info-Santé, qui vous suggère de rester à la maison.

    À part Fiston ou Gamine, personne n'est tombé sur la tête. Mais gardez l'oeil ouvert et le flair alerte.

    Cela vous est-il déjà arrivé?

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Le moustique pique, pique!

    Qu'est-ce qui détient le pouvoir de me détourner du plaisir d'un Mr Freeze avec Fiston pendant notre marche après le souper? Ou du spectacle des acrobaties aquatiques des voisins en savourant une boisson fraîche sur ma terrasse au retour du travail? Ou de l'état de semi-coma dans lequel me plonge un torse masculin ronflant?

    Peu de choses gâchent mes bonheurs éphémères de la saison bénie sauf... le moustique! Qu'il soit indispensable à la chaîne alimentaire et qu'il contribue à l'équilibre d'un écosystème ne me console pas. Le « bizz-bizz » agaçant, la piqûre douloureuse et la cicatrice non esthétique et prurigineuse suffisent : je hais les moustiques. 

    Certains me reprocheront la légèreté du sujet. Pourtant, il constitue une proportion non négligeable des consultations estivales. Certains enfants réagissent de façon impressionnante, se grattent et ouvrent la porte à l'impétigo.

    Commençons par la prévention.

    Le moustique a besoin d'eau stagnante pour se reproduire et ne s'éloigne pas de son lieu de naissance. Un nettoyage de la cour s'impose : évitez les pots de fleurs vides ou les chariots des enfants, qui accumulent l'eau de pluie. 

    Le moustique est surtout actif au crépuscule, moment où il faut être le plus vigilant. Je dis souvent à mes petits patients de ne pas « ressembler à une fleur » : on évite les habits de couleur vive ou foncée, et les shampoings, parfums ou assouplissants aux effluves tenaces.

    Il faut parfois se résigner aux insectifuges. Le DEET (ou N,N-diéthyl-m-toluamide) est utilisé depuis plus de 50 ans et jugé sécuritaire. Plus la concentration est élevée, plus la durée de protection est longue. On observe un plafonnement à une concentration de 30-35 % pour une durée de 6 h. Pour les enfants, je recommande du 10 %, qui sera efficace 2 h. Pour les nourrissons de moins de 6 mois, on se limite à des moyens « physiques » : vêtements couvrants et moustiquaires.

    Le DEET reste un produit chimique, avec les précautions qui s'imposent. On l'essaie sur une petite partie du corps pour s'assurer qu'il ne provoque pas de réaction allergique. Les enfants l'ayant utilisé devraient se laver avant d'aller au lit (d'ailleurs, si l'enfant se baigne, le DEET doit être réappliqué). On épargne les parties vulnérables : visage, mains, plaies.

    Je ne recommande pas les produits qui combinent écran solaire et DEET, dont les temps d'efficacité et les objectifs ne sont pas superposables. Si vous devez appliquer les 2, commencez par l'écran solaire, attendez 20 minutes puis mettez le DEET.

    Les solutions de rechange sont peu nombreuses. La citronnelle, malgré la croyance populaire, est très peu efficace et doit être réappliquée... toutes les 30 minutes! L'huile de soya ou l'huile d'eucalyptus seraient envisageables, mais la texture, l'odeur et le manque de disponibilité en font des produits peu séduisants.

    Malgré tout, le moustique est un vil animal qui arrive à ses fins... que faire avec les piqûres?

    D'abord, laver à l'eau savonneuse et rincer. Si ça pique trop, on applique une crème avec 1 % d'hydrocortisone, toutes les 6 h au besoin. Dans les cas plus graves, un antihistaminique oral (Bénadryl, Zyrtec ,Claritin, etc.) aux doses appropriées, avant le dodo entre autres, permet un sommeil plus serein. Le Benadryl topique n'est pas suggéré. Si vous constatez des signes d'infection, soit une rougeur qui progresse, une douleur disproportionnée ou un écoulement opaque, consultez!

    Sur ce, retournons aux BBQ, aux festivals et aux popsicles! Et vous, qu'est-ce qui gâche vos vacances?

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    Tasnime Akbaraly
     
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    L'ère de la peur

    Quand ce n'est pas les mises en garde au sujet des bisphénols dans les biberons, c'est le danger des cellulaires, les conservateurs dans les vaccins, ou les risques des aliments non bio, etc. Nous sommes envahis d'avertissements en tout genre... Souvent, des parents inquiets m'interrogent, trouvant difficile de discerner le vrai du faux dans tous ces « dangers ».

    Je voulais écrire une chronique sur chacun de ces sujets, jusqu'à ce que je réalise que mon opinion est assez égale pour l'ensemble d'entre eux.

    Dans le contexte nord-américain, nous vivons probablement à l'époque la plus sécuritaire qui soit depuis la nuit des temps. Finis les dinosaures menaçants, les guerres mortelles, les famines, les épidémies. La nourriture, généralement de bonne qualité, abonde. Nous sommes physiquement protégés des intempéries écologiques. Il existe des lois justes et démocratiques. Nous vivons plus longtemps que jamais et en santé. On est loin de Laura Ingalls dans La petite Maison dans la Prairie qui pêchait dans la rivière pour nourrir sa famille.

    N'étant plus préoccupés par notre survie, nous avons le loisir de nous inquiéter d'autre chose.

    Or, la multiplication des formes de médias et, surtout, l'accès systématique et presque en temps réel à tout événement nous fournissent une raison perpétuelle de stresser. Une pauvre victime de l'E. coli, citée 30 fois, devient beaucoup plus terrifiante. Je reproche aux salles de presse de vouloir attirer un audimat à tout prix plutôt qu'informer réellement.

    Alors, comment réagir sainement à ces avertissements? Quoi croire ou non? Et si on se trompait?

    Sachez d'abord qu'à moins d'avoir 30 ans de recul, analysés dans une étude sérieuse, le ciel nous tombe rarement sur la tête. Aussi longue sera ma carrière, il ne me sera certainement pas donné d'établir un lien de cause à effet entre un produit et une maladie. Parfois, même si ce sont des propos basés sur des affirmations scientifiques, il faut se méfier et RELATIVISER.

    Alors que faire? Le plomb? Les ondes? Le plastique? Les adjuvants des vaccins? Je ne sais pas ce que ces substances font exactement. Tentons de minimiser leur utilisation sans devenir psychotique.

    Faites de votre mieux :

    -Ne vous ruinez pas pour acheter des pommes bio et misez sur des fruits saisonniers cultivés localement.

    -Procurez-vous des jouets en bois correspondant à votre budget, mais la voiture en plastique à la peinture douteuse n'empoisonnera pas votre bébé demain.

    -Le téléphone cellulaire est utile si grand-maman veut gazouiller avec Fiston, mais ne téléchargez pas une application pour bébé sur votre iPhone.

    -Ne jetez pas votre toute nouvelle série de biberons même s'ils contiennent du BPA. Sinon, débarrassez-vous aussi de la plupart de vos ustensiles de cuisine, de toutes les chaussures de bébé et de l'éponge de bain.

    -Il vous reste une bouteille pleine de crème solaire qui contient du parabène? Habillez mieux bébé, évitez de sortir entre midi et 15 h, et finissez votre stock en tartinant les jambes seulement.

    Toutes les recherches que j'ai lues étaient incapables de me mentionner des doses concrètes, des situations réelles, et ne se basaient que sur des données de quelques mois. Je vous réponds avec mon gros bon sens.

    Gardez en tête que nous vivons à une époque où plusieurs instances (les médias ou les compagnies pharmaceutiques) ont intérêt à cultiver peurs et incertitudes. Moi, j'affirme que l'angoisse et l'ambiance malsaine que ces hypothétiques dangers environnementaux génèrent sont bien plus délétères que l'effet cumulatif de l'ensemble d'entre eux. Le meilleur exemple qui me vient à l'esprit est la fausse association entre le vaccin contre la rougeole et l'autisme. Parlez-en aux victimes québécoises de la dernière épidémie, il y a à peine quelques semaines. 

    Et vous, de quoi avez-vous peur? Ou plutôt, de quoi avez-vous décidé d'avoir peur ou non?

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Bébé ressemble à E.T.? C'est normal!

    À la suite de vos nombreux (et appréciés) commentaires sur ma dernière chronique, j'ai réalisé que j'insiste souvent sur NOTRE « imperfection » et à quel point elle est normale. Mais cette imperfection touche aussi notre progéniture. Il faut se l'avouer et l'accepter. Un nouveau-né a généralement une grosse tête, pas de cou, de petites jambes et un torse large et gonflé. Bref, pas vraiment un top model!

    Quand j'étais une jeune médecin, jadis, je concluais que le silence des nouveaux parents en était un de béatitude, mais les questions timides, puis angoissées m'ont révélé que bébé arborait plusieurs « imperfections » physiques qui ne me choquaient plus médicalement parlant, mais qui pouvaient décevoir, voire apeurer des mamans et des papas fragiles en manque de sommeil.


    Votre bébé n'est pas Humpty Dumpty

    La peau de bébé, tout de suite après la naissance, est enduite d'une substance blanche, luisante et visqueuse, qu'on appelle « vermix », un résidu de liquide amniotique. Un léger essuyage est suffisant pour l'ôter. 

    Les os crâniens de bébé encore malléables, pressurisés 12 h dans un canal vaginal, prennent la forme la plus ergonomique en cette situation : l'oeuf! Je vous mentirais si je vous disais que ça va rapidement s'estomper, car la politique « Dodo sur le dos » contribue à aplatir la face postérieure de la tête. Elle reprendra une forme sphérique dans quelques mois ou, de toute façon, les cheveux camoufleront le tout!


    Votre bébé n'est pas King Kong

    Du poil sur tout le corps, une tâche énorme au postérieur et un nez aplati d'où sortent des grognements étranges : difficile de nier que nous partageons le même bagage génétique que le singe. 

    Le léger duvet qui recouvre  la peau de bébé est du « lanugo », particulièrement présent chez les prématurés. Inutile de stocker de la crème à raser : il est temporaire et tombera.

    La tache pigmentée (rouge, bleue, mauve ou brune) sur le pli fessier est une tache « mongoloïde », surtout caractéristique chez les non-Caucasiens. C'est une variante de la normale qui, isolément, ne signifie AUCUNE maladie ou difformité. Elle peut disparaître, pâlir ou persister tout au long de l'enfance.

    Quant au nez écrasé et aux bruits étranges que bébé émet et qui ne ressemblent en rien aux harmonieux gazouillis auxquels vous vous attendiez, c'est tout simplement parce que les narines et canaux du nez, encore très petits, ont été aplatis par l'accouchement et évacuent difficilement le mucus. 


    Votre bébé n'est pas encore un 
    adolescent

    Pourtant, il a des seins gonflés, des organes génitaux disproportionnés (inutile de pavoiser, papa!) et de l'acné! Vous craignez qu'il vous demande les clés de voiture.

    Bébé a tout simplement subi les variations hormonales tout autant que maman pendant les 9 mois de gestation, d'où tous ces attributs sexuels. Il arrive même que fillette présente du « spotting » : des taches de sang dans la couche! Tous ces stigmates s'amoindriront, mais l'allaitement peut les faire durer quelques semaines.


    Cela n'est qu'un aperçu. Je vous épargne les boutons, les yeux croches, les pieds tordus, les paupières enflées, les yeux collés, la peau jaunâtre, les croûtes sur la tête, les cheveux étranges, etc. Rajoutez les selles malodorantes et explosives et les régurgitations impromptues et visqueuses... Peut-on vraiment se reprocher de ne pas ressentir spontanément un amour inconditionnel? Il est où l'ange parfait des boîtes de couches??? Il y a matière à un recours collectif pour dommages psychologiques...

    Et vous, qu'est-ce qui vous a surpris à l'arrivée de votre petit E.T.?

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Ce que j'aurais voulu qu'on me dise avant l'accouchement

    Même les médecins sont un jour parents pour la première fois. On peut conclure, à tort, que nous n'avons besoin d'aucun conseil et que nous savons par coeur tout ce qui est écrit dans les livres. Bien sûr, je connais sur le bout des doigts la physiologie de la montée laiteuse, les soins à apporter à un nombril sanguinolent, la courbe hormonale post-partum.

    Mais tout n'est pas écrit dans les livres!

    J'ai vécu cette formidable aventure et je peux vous confier ce que j'aurais voulu qu'on m'explique AVANT que je pleure d'épuisement et que je me fâche d'incompréhension...

    Vous n'avez plus le contrôle de votre vie.

    Les premiers jours, votre horaire répondra aux besoins de bébé exclusivement. Dodo, allaitement, rots, pleurs, couches et on recommence... Ne planifiez rien. Même pas de dormir des nuits complètes, même pas de prendre une douche, même pas d'assurer la salubrité de votre domicile. Laissez-vous aller. Dormez et mangez dès que bébé dort, et acceptez sereinement cet état. Cela peut durer quelques jours, voire quelques semaines, et allez, avouons-le, parfois quelques mois!

    Vous êtes dorénavant un phénomène social.

    Des inconnus s'adressent à vous au parc. Une lointaine collègue vous demande comment a été le dernier vaccin. Des visiteurs se pointent chez vous à toute heure de la journée pour entrevoir le petit trésor. C'est bien gentil, mais on peut se sentir agacée, peut-être même envahie, selon son état de vulnérabilité. Même si ces incursions sont issues de bonnes intentions et peuvent être utiles, sachez dire « non » et « pas maintenant » si c'est ce que vous ressentez.

    Vous êtes toujours un couple.

    Le bébé prend TOUTE la place. On peut « oublier » son conjoint ou se sentir négligée. Faites un effort : prenez une petite demi-heure pour partager un café. Désamorcez les moments intenses et les sentiments nouveaux que vous vivez l'un par rapport à l'autre. Vous êtes un appui réciproque formidable, mais encore faut-il prendre le temps d'en profiter!

    Amusez-vous avec bébé.

    On est maintenant investie d'une grande mission : la vie de son enfant. Si cela reste vrai en tout temps, vous avez entre les mains le meilleur gadget antistress qui soit. Faites des grimaces, lisez-lui des contes, babillez, jouez avec votre enfant. C'est tout aussi utile à son développement que bénéfique à votre moral.

    Un enfant coûte cher.

    Une étude révèle qu'un enfant coûte 225 000 $ avant ses 18 ans! Et cela, rien qu'en matériel de première nécessité (nourriture, vêtements, écolage). La première année est particulièrement onéreuse en équipement (poussette, siège auto, couches, etc.). Prévoyez une planification financière précise, cherchez les options les plus économiques et partagez vos trucs avec d'autres nouveaux parents.

    La culpabilité et les erreurs font partie de la parentalité.

    Le monde n'est pas parfait, incluant vous. Vous n'arrivez pas à sevrer bébé de sa tétine? Il a pleuré 1 heure avant que vous ne compreniez que sa couche était souillée? Vous vous êtes endormis dans le même lit? Ça ira, le monde n'a pas arrêté de tourner.

    Certains diront que cette chronique n'est pas très médicale. Pourtant, je peux faire une corrélation presque directe entre la fréquence avec laquelle les nouveaux parents me consultent et le nombre de plaintes et leur façon de gérer leur nouvelle réalité. Des parents, mal préparés (pas de façon théorique, car la plupart en savent plus que moi, vive internet!) dans leur quotidien, ont des bébés avec coliques, des migraines, des allaitements difficiles, des douleurs abdominales inexpliquées... 

    Je souhaite qu'en sachant tout cela, vous soyez mieux outillés et en meilleure santé physique et psychologique.

    Qu'auriez-vous voulu qu'on vous dise avant d'avoir bébé?

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Une pharmacie dans votre garde-manger

    Je ne sais pas pour vous, mais ces temps-ci, je suis... blasée. Malgré toute la compassion dont je suis capable, je n'en peux plus. Je veux m'enfermer dans une bulle rose, hermétique et insonorisée. Depuis plusieurs interminables semaines, je suis hantée par les tsunamis, les risques nucléaires, les victimes de guerre dans le Moyen-Orient, etc.

    J'ai besoin de légèreté, de simplicité, de quotidien, de petits bobos qui se guérissent avec un sparadrap... ou avec des produits qu'on déniche dans une cuisine! En tant que maman pressée, un peu grano-bio-écolo à mes heures, je partage avec vous mes petits trucs, complètement approuvés par mon expertise médicale.

    Gingembre
    Infusé dans un petit thé doux, avec un peu de sucre, c'est un très bon antinauséeux pour un enfant qui souffre d'une gastro-entérite (ou une femme enceinte qui a des nausées, croyez-moi, par expérience!).

    Miel
     On lui attribue de plus en plus de vertus. Une bonne cuillerée à thé, 3 fois par jour, est très efficace pour les gorges irritées par la toux. Pour les extinctions de voix, une petite préparation thé-citron-miel est bienvenue. Par contre, je vous rappelle qu'on ne donne jamais de miel à un enfant de moins de 1 an.

    Flocons d'avoine
    Ça coûte 3 fois rien et ça s'achète en vrac. C'est excellent pour la peau. Il suffit de les écraser grossièrement, les emballer dans un tissu très fin (type gaze ou mousseline), et les mettre sous le robinet pendant que vous remplissez le bain de bébé. Laissez votre enfant patauger un peu plus longtemps que d'habitude, pas de savon et un rinçage très léger. Et ne vous fiez pas à la couleur de l'eau pour savoir si bébé est propre!

    Huile d'olive
    Un des trucs que je déteste en tant qu'omnipraticienne, ce sont les « débouchages » d'oreilles, ou plus scientifiquement : « l'extraction de bouchons de cérumen ». C'est long, douloureux, et les enfants finissent par pleurer. À la base, les bouchons ne doivent pas être enlevés (le coton-tige est proscrit), mais parfois, quand on soupçonne une otite, c'est compliqué. Une façon d'éviter ces tristes moments est de mettre quelques gouttes d'huile d'olive dans les petites oreilles de votre progéniture. Quelques gouttes, 3 fois par jour, dans chaque conduit d'oreille. Par contre, c'est contre-indiqué si votre enfant porte des « tubes ».

    L'huile d'olive est aussi très efficace contre la séborrhée de tête, afin d'adoucir et enlever les croûtes. 

    Vinaigre blanc.
    C'est un très bon antifongique (« antichampignon »). Dilué dans une quantité égale d'eau, vous pouvez l'appliquer entre les orteils pour soigner le pied d'athlète (les petites moisissures), dans les plis de cou, ou quelques gouttes dans les oreilles si vous suspectez fortement l'otite du baigneur ou externe (diagnostic que vous devriez faire confirmer par un médecin tout de même). 

    Bicarbonate de soude (ou petite vache)
    En faire une pâte avec un peu d'eau et appliquer sur des piqûres d'insectes, des boutons de varicelle ou des lésions d'herbe à puce. Tout ce qui démange, quoi! Ça constitue aussi un dentifrice efficace, bon marché et écologique (mais sans la saveur gomme balloune).

    J'aimerais avoir, dans mes armoires, des remèdes contre les grands malheurs, les terreurs et la guerre. Mais pour l'instant, je ne peux qu'attendre impatiemment que le printemps apporte des jours meilleurs.

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Les virus de la garderie: tôt ou tard, ils nous auront!

    Décider si nous allions inscrire ou non nos enfants à la garderie était un débat animé qui avait souvent lieu lorsque mes amies et moi étions enceintes. Les arguments étaient nombreux en faveur de l'emploi d'une nounou à domicile à temps plein ou d'un retour tardif au travail : théorie de l'attachement, importance de la routine, qualité inégale des CPE, etc. Notre propre choix, à Papa de Fiston et moi, avait été assez automatique : étant tous les deux des travailleurs autonomes, nos congés de parenté n'étaient pas du tout intéressants financièrement à l'époque et on devait reprendre notre boulot respectif le plus rapidement possible.

    Par contre, un des arguments avancés venait chatouiller ma culpabilité maternelle tout en attisant ma curiosité de médecin : les infections! « Toi qui es dans le domaine, me disait-on, tu dois bien savoir que Fiston sera plus malade en garderie! » ou au contraire : « Au moins, son système immunitaire sera solide! »

    Effectivement, est-ce que je n'exposais pas inutilement Fiston à une succession malheureuse de « ites »? Otites, bronchite et gastroentérites? Ou, au contraire, est-ce je l'immunisais pour les années à venir contre ces mêmes microbes?

    Éclaircissons d'abord un point : pour plusieurs affections virales, comme la varicelle ou l'hépatite A, contracter la maladie ou se faire vacciner octroie effectivement une immunité pour la vie (sauf de rares exceptions). Par contre, il n'y a pas de bénéfice immunitaire dans plusieurs cas : les rhumes communs sons causés par des centaines de familles de virus. Quant aux pneumonies et aux otites, elles sont souvent provoquées par des bactéries. 

    Une étude très sérieuse, dans l'Archives of Pediatrics and Adolescent Medecine de décembre dernier, vient conforter les parents qui envoient leur progéniture à la garderie tout comme ceux qui ne le font pas. 

    Pendant 8 ans, on a répertorié toutes les infections des enfants de 1 300 familles canadiennes. Il s'avère que les enfants, fréquentant ou non une garderie, finissaient par attraper le même nombre d'infections, et de gravité égale. Seulement, les enfants qui vont à la garderie sont malades plus tôt. Ceux qui ont été épargnés parce que gardés à la maison finissent par contracter autant d'infections, mais à l'école!

    C'est rassurant de savoir que les enfants d'une situation ou de l'autre n'étaient pas plus malades que les autres. Notre choix de l'envoyer à la garderie ou non n'a donc aucune incidence quant au nombre total de virus, mais seulement sur le moment!

    Cela dit, je suis soulagée que les 5 otites de Fiston la première année de garderie n'aient pas été en vain, et que de l'avoir gardé à la maison n'aurait rien changé. A posteriori, je suis satisfaite de ma décision : il adorait la garderie, était d'autant plus content de nous revoir en fin de journée, et il y a acquis des habiletés sociales léguées par ses éducateurs. Maintenant qu'il se prépare à commencer la « vraie » école, je pourrai me consacrer à 100 % au deuxième... pour lequel je me pose la même question (car, cette fois, les congés de maternité pour travailleurs autonomes sont plus décents!) : garderie ou non?

    Et vous, cette étude vient-elle nuancer votre choix? Qu'est-ce qui a motivé votre décision? Regrets ou non? J'ai hâte de vous lire!

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    Tasnime Akbaraly
     
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    Sujet chaud: la fièvre

    J'étais encore une jeune résidente inexpérimentée, sans enfant, prête à rien de moins que de sauver des vies, comme Georges Clooney (alias Dr Ross) dans ER qui intube un patient tout en invitant une infirmière au cinéma.

    Les séances obligatoires au « sans rendez-vous » me paraissaient donc bien ennuyeuses. J'avoue (je suis parfaitement consciente que c'était inadmissible) : je regardais avec du mépris mal contenu ces parents qui venaient me voir.

    - Mon enfant a de la fièvre.

    - Combien?

    - Je ne sais pas, il est chaud.

    Je répondais avec impatience : « Et le thermomètre? », pressée que j'étais d'aller rejoindre Georges et gagner mon prix Nobel de médecine. 

    Dix ans ont passé (déjà). Je suis maintenant maman et je comprends fort bien l'angoisse que peut susciter un enfant lorsqu'il a les joues rouges et s'endort au lieu de sauter sur le canapé. N'empêche qu'on s'alarme peut-être trop et trop vite... L'American Academic of Pediatrics (AAP) a publié récemment une étude qui affirme que 50 % des parents considèrent qu'un chiffre inférieur à 38 °C constitue de la fièvre et 25 % donnent un médicament pour un chiffre inférieur à 37,7 °C. En fait, ce que conseille l'AAP c'est que l'on se fie davantage au confort de notre enfant plutôt qu'à un chiffre sur un thermomètre.

    La fièvre n'est pas une maladie. Au contraire, c'est un signe que le système immunitaire de votre enfant est présent au combat contre un quelconque microbe. La fièvre agit en colonel sur les soldats que représentent ses anticorps. Décapiter la fièvre sans raison valable n'est pas la stratégie militaire la plus appropriée. La fièvre est un symptôme, pas le principal problème.

    De quoi donc a-t-on peur? Il est maintenant prouvé que la fièvre n'augmente pas les risques de dommages neurologiques et n'aggrave pas la maladie qui est à la base de l'état de votre enfant.

    Fiez-vous donc à votre instinct de parent! Votre enfant mange, s'hydrate et est actif? Moins que d'habitude sûrement, mais tout de même! La fièvre ne devrait pas vous faire paniquer. Observez et faites-le boire à profusion. Et si, au contraire, la fièvre est peu impressionnante, mais que votre enfant est léthargique, n'hésitez pas à consulter.

    Ne prenez pas la température compulsivement. Si vous y tenez, assurez-vous d'avoir le bon thermomètre et la bonne méthode. Apprenez ce qui constitue réellement de la fièvre, selon l'âge de votre enfant et les critères de gravité.

    Et surtout, lorsque votre enfant dort, il n'y a pas de raison de le réveiller! Ce que 85 % des parents de l'étude ont avoué faire... Et je ne vous parle même pas des doses de médicaments que la moitié des parents dépassent trop souvent. Traiter ou non la fièvre n'aidera pas l'enfant à guérir plus rapidement.

    En tant que maman, j'ai l'impression que nous tombons trop souvent dans le piège de l'hypermédicalisation (et je ne dis pas ça par déformation professionnelle). Bien sûr, nous tombons parfois dans l'anxiété, mais je crois fermement qu'on doit se réapproprier nos réflexes instinctifs parentaux! En rétrospective, peut-être que la technique de la main sur le front n'est pas si erronée que ça...

    Je souris toujours intérieurement quand je constate qu'il faut parfois de grandes études pour prouver que, finalement, il faut continuer à faire ce qui nous semble juste. Et je m'amuse à le démontrer dans bon nombre de mes chroniques comme Un câlin contre la douleur ou Le cadeau parfait pour votre enfant.

    Me voilà 10 ans plus tard, et j'accueille avec beaucoup plus d'indulgence le parent qui a attendu de longues heures pour me confier la prunelle de ses yeux. Souvent, je ne fais rien d'autre que de lui redonner confiance. Cela vaut tous les prix Nobel de la planète!

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    Tasnime Akbaraly
     
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