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Entre père et mère

Blogue de Danny Raymond
On a beau s’y préparer, devenir papa, ça change une vie! Voici les hauts et les bas de la mienne...
Danny Raymond
7 commentaire(s)
1 249 aperçus

Homme 101

Je vois mes enfants grandir à vue d'oeil. Souper après souper, mes Tout-Petits s'assoient toujours un peu plus haut à table.

Devant Chérie, je contemple ma famille et je bombe le torse. Aujourd'hui, je me considère comme un vrai un homme, bien assis à la place du père à table. Pas celui qui prononce le bénédicité. Pas un homme au sens où j'ai dévissé la tête d'un adversaire au bout de la patinoire. Un homme dans ma contribution à la création. Et quelle responsabilité à assumer!

« Papa, à la garderie, Untel-Eudes m'a poussé et je suis tombé par terre! » Mon fils termine sa phrase et déjà, je me vois déjà à la rescousse, en train de secouer l'assaillant la tête à l'envers. « Et toi, tu as réagi comment? », je lui demande. « Bien papa, j'ai rien fait! »

Mes conseils s'imposent d'urgence. Chérie me fixe intensément, attend mes sages paroles. Toute-Petite me dévisage, me dit que j'ai un gros nez... Tout à coup, je me sens propulsé sur la tribune du Conseil de sécurité de l'ONU. Je me prononce.

« Mon garçon, quand on te pousse, tu repousses encore plus fort! Après, tu vas dénoncer l'agresseur à l'éducatrice! » Mauvaise réponse, à en juger par les yeux exorbités de Chérie. Je sais qu'elle rage, à voir la vigueur avec laquelle elle pique sa salade. Pourtant, j'avais mûri ma réflexion depuis longtemps. Dans une autre situation semblable, Chérie lui avait bien déjà conseillé de se rendre directement à l'éducatrice pour rapporter la situation. Mais la stratégie m'a toujours paru incomplète... Il manquait la riposte défensive. La claque qui défoule sans incriminer et envoie un signal clair : tu ne me toucheras plus, bonhomme, j'ai pas peur de toi. Un message pour l'agresseur. Mon message à mon fils.

Pendant un court instant, on s'entend respirer, entrecoupé du bruit des ustensiles dans l'assiette. Puis, l'Assemblée se manifeste.

— Non, Danny, on ne leur apprend pas à frapper! [Espèce de gars, toujours prêt à vouloir frapper!]

— Mon amour, le karaté donne le droit de répliquer à une attaque, non? [C'est bon comme exemple! Puis c'est assez les moumouneries! J'imagine que tu voudrais discuter!]

— Je veux bien, mais on parle d'enfants au CPE! [Cowboy, on ne se fait pas justice soi-même!]

Les enfants écoutent très attentivement notre échange en ping-pong. Tout-Petit déballe ses scénarios. « La prochaine fois, papa, je vais lui envoyer des lasers ultraviolents dans les yeux pour le faire dormir et puis un coup au coeur et il arrêtera de respirer, et puis... » WO les moteurs, Destroyer. Je veux bien t'apprendre à te défendre, mais fais comme moi et contiens tes fantasmes!

Et là, il y a les yeux de Chérie. Deux boules de feu qui me décochent un regard que l'on peut traduire par « Bravo! Regarde ce que tu viens de déclencher! » Ma petite fille, qui veut bien participer au chaos, y va d'une description de torture bien à elle. J'interviens pour calmer l'atmosphère. « Écoutez-moi bien les enfants. On ne frappe jamais, on ne mord jamais, on ne fait jamais mal à un ami... en premier! »

Chérie allait exploser quand fiston a essayé de m'écraser la main, en réplique à mon petit coup de pied décoché sous la table (diversion oblige!). À la place, son bras frappe le jus de raisin qui m'explose dessus! Je n'ai même pas eu le temps d'une réaction quand j'aperçois un sourire rayonnant. « Vous voyez les gars, les batailles finissent toujours mal! » Et vlan dans les dents!


 
 

Commentaires

 

Reste que même si je suis une maman, je suis d'accord avec la théorie de l'homme 101!  Les enfants, ça peut être très méchants.  Si ma fille se fait agresser par un autre enfant, elle a la permission de répliquer et je vais toujours prendre sa défense devant les éducateurs ou les profs.  Ca donne du trouble en classe, du trouble à l'éducateur?  Je m'en fous.  C'est pas l'éducateur qui va devoir fréquenter le petit bourreau les années suivantes.  Quand un enfant se fait agresser, s'il ne réplique pas, son agresseur va savoir qu'il peut continuer à taper dessus tant et aussi longtemps qu'il va se sentir supérieur.  Les punitions de l'éducateur ne seront jamais aussi dissuasives qu'une "réplique" de la "victime" qui prouve qu'elle n'accepte pas d'être une victime.  Les agresseurs ne s'en prennent pas à ceux qui sont aussi forts ou plus forts qu'eux.  Et la théorie reste valable rendu à l'âge adulte (donc il est tout à fait justifié de l'enseigner aux enfants).  Régler un conflit par les poings, ça n'est pas une preuve d'intelligence, c'est vrai.  Mais si tu te fais frapper en premier, ton agresseur vient de te prouver que ça ne sert pas à grand chose d'utiliser l'intellect avec lui pour régler le conflit et si tu veux lui faire comprendre que tu n'acceptes pas d'être sa victime, tu dois utiliser un langage qu'il comprend - poing!  euh point!.

Par

Sophie

  | 2 juin 2010 9:12
 

Moi aussi jusqu'à un certain point je suis d'accord avec homme 101. Il faut que l'enfant avise l'éducatrice, mais des chicanes d'enfants restent des chicanes d'enfants. je suis d'avis que les enfants doivent apprendre à faire face à cela sans qu'un adulte s'en mêle. Souvent ce sont les mêmes enfants qui ont des actes violents et à un certain moment ils doivent frapper un mur et quelqu'un doit leur faire comprendre qu'ils doivent cesser cela.

Je trouve que dans bien des chicanes bégnines d'enfants certains parents s'offusquent très rapidement et se mêlent de la chicane qui en devient finalement uen entre parents. Tous les enfants depuis la nuit des temps se frappent ou se battent, il faut leur expliquer les conséquences mais à moins de répétitions compulsives, il faut les laisser règler leurs différends c,est ainsi qu'ils apprendront à faire face à l,adversité. cependant, il faut aussi leur apprendre à mettre des mots sur leur frustration au lieu d'utiliser la force physique. Ça selon moi, c"est notre job de parents.

Par

Sonia

  | 3 juin 2010 10:09
 

La question du harcèlement psychologique et physique me touche de très près. Tellement près, en fait, que j'en ai moi-même été victime sur les deux plans.

Et vous avez toutes deux raisons. Un, les émotions de l'enfance sont exactement les mêmes que celles de l'âge adulte. Tout est dans le filtre, que les enfants apprennent insérer entre leurs pulsions violentes et l'action.

Deux, les manifestations violentes ne sont jamais anodines. Oui au laissez-faire entre les enfants sous supervision très attentive. Et aussi avec un bon conditionnement des parents au préalable. Attention, par conditionnement, je parle d'étapisme, pour reprendre l'analogie référendaire.

Si mon garçon se fait pousser et qu'il a dit avoir essayé toutes les techniques d'apaisement et de médiation pacifique possibles avant, sans résultat, et bien je lui conseille vivement de se défendre. Le plus fort le mieux.

Personne n'a le droit d'attaquer l'intégrité physique d'une autre, c'est même inscrit dans le Code criminel (une recherche s'impose pour connaître la nature exacte et l'implication juridique de la légitime défense. Je m'exprime ici comme un père, pas comme un juriste!) C'est justement pourquoi les policiers tirent toujours en deuxième, c'est ce qu'on appelle la légitime défense.

C'est ce qu'enseignent aussi les arts martiaux. Je fais dans le Kenpo, je ne peux pas parler pour toutes les formes d'autodéfenses. Mais on nous défend d'attaquer, et si on utilise les techniques de défense, c'est uniquement pour se défendre ou mieux encore, se sauver du danger.

L'intimidation physique est bien réelle chez les garçons. Je sais aussi par expérience qu'il faut parfois crier ou menacer l'assaillant de manière plus convaincante que la sienne pour lui montrer notre position. Et gagner le respect.

Cela dit, ces aspects sont très complexes. Mais je suis un gars, un père, et mon instinct de protection est aussi fort que la loi de la jungle qui, très malheureusement, gère aussi les comportements humains!

Par

Danny Raymond

  | 3 juin 2010 12:18
 

Le karaté, mauvais exemple... Dans un tel contexte, inapproprié, selon les préceptes du karaté ou de tout autre art martial. Faudrait trouver autre chose.

Par

Jasmine

  | 3 juin 2010 4:29
 

J'aimerais connaître votre opinion sur les arts martiaux, Jasmine. En quoi le karaté n'est-il pas un bon exemple?

Par

Danny Raymond

  | 3 juin 2010 6:02
 

Il reste important de faire la distinction entre "chicane" et "intimidation". L'intimidation existe chez les petits, j'ai vu ça à l'oeuvre chez des 4 ans, pas jojo, et il faut réagir. Et surtout pas traiter cela comme si c'était des simples chicanes. Ce n'est pas du même registre, ça ne vise pas le même but, ça n'appelle pas aux mêmes réactions. Il faut cesser de se mettre la tête dans le sable.

Par

SoniaG

  | 3 juin 2010 9:23
 

Je suis d'accord qu,il y a une différence entre intimidation et chicane et qu'il faut intervenir sur la première. mais il faut aussi utiliser son jugement et laisser une chicane d'enfant au niveau de la chicane d'enfant.

Dans mon travail, je vois souvent des parents envenimer de simples chicanes et eux font de l'intimidation envers l'autre enfant et ses parents. Il est important de ne pas aggraver une situation simple.

Cependant quand il y a des menaces, il faut intervenir sans tarder.

Par

Sonia

  | 4 juin 2010 1:32
 
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