C'est samedi prochain le grand jour. J'ai programmé trois alarmes électroniques pour ne pas le rater! Un ami a même « emprunté » son père pour aller faire le pied de grue dans la file d'attente à sa place, en attendant de finir le boulot pour prendre ensuite la relève. Il ne s'agit pas ici de l'achat des billets pour le spectacle de U2 à venir, mais plutôt de la période d'inscription annuelle pour les cours de natation des enfants!
Le cauchemar se répète depuis 3 ans maintenant. Je rate systématiquement la pré-inscription en ligne, qui se remplit en moins de 2 heures. Le travail m'empêche souvent d'aller poireauter en ligne sur place, lors de la journée d'inscription officielle. Depuis 3 ans donc, l'angoisse commence à me prendre MAINTENANT, c'est-à-dire toute la semaine avant le jour J. Un stress aujourd'hui multiplié par deux, depuis l'arrivée de Toute-Petite.
Et là, je viens tout juste de rater — encore! — la pré-inscription de la mi-août. Mercredi dernier, devant mon macaroni au boeuf, j'en ai eu plein le casque, pour emprunter l'analogie aquatique. Et flûte alors, on oublie les cours cet automne. Nos deux marmots feront une pause, et j'en suis fort ravi!
« On ira nager en famille, pour le plaisir! » C'est Chérie qui m'a enlevé l'épine du pied. Sans le vouloir et malgré toutes mes vénérables intentions, j'étais en train déjà de noyer mes enfants dans le bouillon de la performance. Dans ma tête, les enfants doivent apprendre à nager dès 2 ans. Une vérité aussi naturelle qu'incontournable à mes yeux.
« Papa, on a fini de manger! Est-ce qu'on peut aller jouer? » Mon plus grand me sort de ma rêverie. Il n'attend pas ma réponse et se lance déjà sur la balançoire dehors, suivi de sa petite soeur.
Impossible de résister aux cris de joie. Je cours derrière avant même que Chérie n'ait eu le temps de réagir. Je me suis à fouiller frénétiquement dans le rangement, sous la galerie arrière. Curieux, mes enfants ont participé à la chasse au trésor. Ballon de soccer, vélos, bâtons de hockey, filet et balles, bâtons pour faire des bulles, sceaux à sable, parfait, on peut aller jouer!
On a déposé le butin dans la ruelle. « Quand j'étais petit, je pratiquais toutes mes activités préférées en même temps! À nous maintenant! »
Cinq minutes de soccer, suivant! Un ou deux lancées frappées... bah, je finis toujours par jouer tout seul. Et si on faisait du vélo? On enchaînait les activités dans un délicieux délire. À un moment donné, Toute-Petite essayait de grimper sur son vélo, le bâton de hockey coincé sous le siège, le ballon de soccer enfoncé dans son petit panier. Dans ce chaos enchanteur, on était tous hyperactifs en même temps! C'est l'appel du bain qui nous a arrêtés.
« Allez-y les petits choux, je m'occupe de ranger! » J'ai fourré la montagne d'accessoires sous le lilas, dans le coin du jardin! Ni vu ni connu, je me dis, en m'imaginant être devenu un cours instant le papa le plus cool de la terre.
Au bout du compte, je venais de remplacer 45 minutes de planification, de coups de téléphone, de changements d'agenda et surtout de stress pour trouver une place à la piscine par un moment de pure folie en présence de mes enfants. J'étais fier d'avoir ainsi pu éviter à mes enfants l'angoisse d'un automne engagé! Comme quoi la vie elle-même est en soi un long cours de perfectionnement!