En France, mon pays d’origine, la grande majorité des mamans retournent au travail après 18 semaines. C’est le congé « légal ». À 4 mois donc, Bébé passe la plupart de son temps avec une nounou, une aide maternelle, une éducatrice; bref, ce qu’on trouve, quand on le trouve.
Au Québec, quand on aperçoit un bébé de 4 mois dans une garderie, c’est tellement rare qu’on a du mal à retenir nos émotions : « Pauv’ p’tite peanut… Il est tellement p’tit! » Sans parler de la culpabilité ressentie par la maman qui laisse son bébé aux bras d'une autre femme. Pas facile, comparé aux mamans françaises.
C’est donc un monde qui nous sépare, pas seulement légal, mais intellectuel et socioculturel. (Il n’y a qu’à se souvenir, aussi, du pavé lancé dans la mare par la Française Élizabeth Badinter, dont j’avais parlé ici même).
Mais on connaît toutes, cela dit, une ou deux Québécoises qui font exception. Qui retournent au travail après 6 mois parce qu’elles en ont envie ou besoin, ou parce que leur ménage a besoin de plus d’argent, tout simplement.
Eh bien! Que l’on se rassure, pour celles-là et leurs bébés. À en croire une récente étude de chercheurs de l’Université Columbia, de nombreux effets positifs viendraient contrebalancer les effets négatifs, liés à cette perte de temps passé avec la mère.
En fait, les chercheurs ont voulu connaître l’impact réel du retour des mères au travail, quelques mois seulement après l’accouchement, en examinant tous les effets de ce retour au travail sur le développement de l’enfant.
Ils ont suivi 1 000 enfants de 7 ans, dans 10 coins des États-Unis, en examinant aussi bien les relations familiales, le revenu familial, les habiletés en lecture et en écriture, que les résultats scolaires. Ils ont même demandé aux parents et professeurs d’évaluer le comportement.
Résultat : Les mamans qui retournaient au travail avant 1 an avaient une meilleure santé mentale, étaient capables de construire une relation plus saine avec leur famille, et elles ont augmenté le revenu familial, ce qui aurait eu également un effet positif sur le développement de l’enfant, grâce à l'obtention de meilleurs services de garde.
Leur étude est donc un beau pied de nez à celle de l’Unicef, parue en 2008, qui affirmait au contraire que les mamans revenant au travail dans la première année « jouaient » avec le développement de leur enfant!
Les chercheurs introduisent néanmoins un bémol, et pas des moindres : les bénéfices pour les enfants sont encore plus positifs quand la maman travaille à mi-temps; parce qu’en plus de bénéficier des effets du retour au travail, elle donne un grand temps d’interaction à son enfant.
Bien sûr, ces recherches n’inventent rien. On se doute bien que l’idéal, pour beaucoup, c’est de s’occuper de son enfant tout en se satisfaisant intellectuellement et en rapportant de l’agent à la maison. Pas de surprise ici.
Quoique, je connais bien des mamans qui sont très contentes de faire une coupure totale pendant 1 an avec leur boulot. Certes, elles avouent parfois avoir l’impression d’être plus « molles du ciboulot », mais l’assument.
Et vous, vous vous sentez comment, dans cette longue année de congé de maternité? Ça vous manque, le travail?